Durabilité des entreprises : et si on parlait enfin de valeur économique ?
Publié le 29 janvier 2026
- Transition écologique et sociétale
En bref
- Impact France et Wavestone dévoilent une nouvelle étude exploratoire visant à objectiver la valeur économique des engagements durables des entreprises
- Sept études de cas, issues de six entreprises volontaires (Veolia, Bel, Sogaris, L’Occitane en Provence, La Poste et Harmonie Mutuelle), ont fait l’objet d’analyses approfondies
- En s’appuyant sur une méthodologie rigoureuse et transparente, l’étude met en évidence que les actions sociales et environnementales des entreprises permettent d’éviter des coûts significatifs pour la société
Objectiver la valeur économique des engagements durables des entreprises
« Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et de transformations économiques profondes, cette étude apporte un cadre d’analyse pour mieux appréhender la valeur économique des actions sociales et environnementales des entreprises. Elle constitue un appui utile aux entreprises comme aux pouvoirs publics pour éclairer leurs décisions et orienter les investissements. » indique Caroline Neyron, Directrice Générale d’Impact France.
Les entreprises évoluent aujourd’hui dans un environnement en profonde mutation. D’un côté, une standardisation croissante du reporting extra-financier et des attentes accrues de transparence et d’engagement de la part des parties prenantes. De l’autre, un contexte d’incertitudes géopolitiques et économiques majeures, se traduisant par un recul de certaines exigences réglementaires et des pressions grandissantes sur les finances publiques.
Les entreprises sont confrontées à un double enjeu : poursuivre leur transformation durable, tout en valorisant au mieux leur rôle sociétal pour démontrer la valeur de leurs engagements. Si ces engagements sont de mieux en mieux documentés, leur traduction en valeur économique pour la société demeure encore fragmentée et insuffisamment lisible pour les décideurs privés et publics.
L’ambition de l’étude est de fournir aux entreprises et aux pouvoirs publics un cadre de lecture et de premières pistes d’outils permettant d’évaluer les actions sociales et environnementales mises en œuvre, via les coûts évités induits pour la société et les parties prenantes.
Sept études de cas, sept leviers de création de valeur
L’étude analyse de manière approfondie sept actions mises en œuvre par six entreprises (Veolia, Bel, Sogaris, L’Occitane en Provence, La Poste et Harmonie Mutuelle), couvrant les domaines suivants :
- Enjeux environnementaux : réduction des émissions de gaz à effet de serre
- Transition énergétique
- Préservation de la ressource en eau
- Enjeux sociaux : emploi et inclusion sur le marché du travail
Les actions portent sur des périmètres variés, allant du site industriel ou logistique à l’échelle nationale ou internationale.
L’ambition de cette étude est de passer de la conviction à la démonstration : montrer, chiffres à l’appui, que les engagements des entreprises produisent une valeur économique réelle pour la société.
Pour chaque étude de cas, l’analyse vise à répondre à deux questions structurantes :
- Quels sont les coûts évités pour la société grâce à l’action mise en œuvre par l’entreprise ?
- Que représenteraient ces coûts évités en cas de mobilisation plus large des entreprises sur cette thématique ?
Deux niveaux de résultats ont ainsi été analysés :
- Les coûts évités directement liés à l’action de l’entreprise, observés à l’échelle du site ou du périmètre analysé
- Les coûts évités en cas de mobilisation collective, correspondant à des scénarios de généralisation de l’action à une échelle sectorielle, territoriale ou nationale
Les résultats montrent que les actions analysées permettent déjà des économies significatives pour la société, allant de plusieurs centaines de milliers d’euros à plusieurs milliards d’euros selon les périmètres étudiés. Pris ensemble, les cas analysés démontrent qu’un changement d’échelle de ces pratiques pourrait permettre d’éviter, à l’échelle nationale voire internationale, des dizaines de milliards d’euros de coûts par an pour la société.
Les trois enseignements majeurs de l’étude
Les études de cas montrent que ces actions permettent déjà d’éviter des coûts significatifs pour la société, allant de plusieurs centaines de milliers d’euros à plusieurs milliards d’euros selon les périmètres étudiés.
Si les impacts observés sont déjà significatifs à l’échelle des sites ou des entreprises, leur généralisation, associée à une mobilisation coordonnée des acteurs publics et économiques, pourrait permettre d’éviter des dizaines de milliards d’euros de coûts par an pour la société.
L’étude met en lumière les effets collectifs des actions sociales et environnementales des entreprises, utile tant aux entreprises qu’aux décideurs publics. Fondée sur un travail collectif et des cas concrets, elle élargit le cadre d’analyse économique et met à disposition une grille de lecture réplicable, applicable à d’autres contextes et secteurs. Sans se substituer aux outils existants, elle pourrait constituer un appui analytique pertinent pour orienter les décisions d’investissement publiques comme privées.
Cadre méthodologique
L’étude repose sur une méthodologie rigoureuse et transparente, fondée sur des hypothèses explicitées et volontairement conservatrices, des sources documentées et des scénarios de comparaison. La monétarisation est mobilisée comme outil d’objectivation, lorsque la qualité des données le permet, sans viser une conversion exhaustive de l’ensemble des impacts.
L’analyse se concentre sur les coûts évités pour la société, et non sur le retour sur investissement pour les entreprises, afin de rendre visibles des impacts économiques encore peu pris en compte dans la décision publique. Les résultats doivent ainsi être interprétés comme des ordres de grandeur, destinés à éclairer le débat et la prise de décision, dans le cadre d’un exercice exploratoire fondé sur des études de cas.