Enquête sur la résilience et l’autonomie numériques : quand l’impératif stratégique se heurte à la réalité
Publié le 13 mai 2026
- Conformité, risque et résilience
En bref
- Enquête consacrée à la résilience et à l’autonomie numériques, menée par Wavestone et le MEDEF auprès de plus de 500 dirigeants.
- 54 % des dirigeants considèrent la résilience numérique comme un levier de compétitivité important, révélant une fracture stratégique.
- 48 % des entreprises ont engagé des actions concrètes, tandis que 38 % n’ont encore lancé aucune démarche, illustrant une forte polarisation du tissu économique.
- Le manque d’alternatives européennes matures est cité comme premier frein par 29 % des répondants, loin devant les enjeux de coûts ou de compétences.
Dans un contexte géopolitique incertain et marqué par de fortes dépendances technologiques extra-européennes, la résilience et l’autonomie numériques s’imposent progressivement dans l’agenda des entreprises.
Réalisée par le MEDEF (ouvre sur un nouvel onglet) et Wavestone auprès de plus de 500 dirigeants français, cette première édition 2026 de l’enquête sur la résilience et l’autonomie numériques met en lumière une prise de conscience réelle, mais encore très inégalement traduite dans des stratégies et actions opérationnelles.
Une gouvernance qui varie fortement selon la taille des organisations
Cette tendance moyenne masque toutefois des différences nettes selon la taille des organisations. Dans les entreprises de taille intermédiaire ou plus modestes, la résilience numérique reste avant tout une décision impulsée directement par le dirigeant, qui en porte l’orientation et les arbitrages.
À l’inverse, dans les grands groupes, le pilotage bascule plus fréquemment vers les fonctions technologiques. Les équipes opérationnelles, RSSI, CTO et surtout DSI, pilotent 52 % des initiatives, contre 30 % seulement pour les équipes dirigeantes.
Parmi ces acteurs, les DSI apparaissent comme les fonctions les plus mobilisées (30 %). Cette configuration traduit la structuration progressive du sujet dans les grandes organisations, où la résilience numérique est intégrée dans la gouvernance technologique et opérationnelle, plutôt que traitée uniquement au niveau de la direction générale.
Des alternatives européennes encore jugées insuffisamment matures
L’enquête met en évidence la difficulté des entreprises à identifier des alternatives européennes crédibles. Ces résultats confirment une dépendance numérique encore largement structurelle, en particulier vis‑à‑vis des grands acteurs extra‑européens, comme le souligne l’article « Réveil de la souveraineté numérique : les entreprises en première ligne ».
Cette situation nourrit une inquiétude quant à une possible perte de performance associée à ces solutions (15 %).
Dans ce contexte, l’émergence d’alternatives compétitives apparaît comme le premier levier pour renforcer la résilience numérique (38 %) : les entreprises appellent clairement à l’émergence de champions européens capables de rivaliser avec les acteurs dominants.
Le coût de la transition, qu’il soit technique, organisationnel ou contractuel, constitue également l’un des principaux freins (24 %). Dans ce cadre, la mise en place d’incitations financières est identifiée comme un levier clé pour accompagner ces transformations (22 %). Face à ces difficultés, 24 % des entreprises sont prêtes à mutualiser leurs efforts au travers d’initiatives collectives ou sectorielles pour réduire leurs dépendances numériques.
- Conformité, risque et résilience
Enquête Wavestone x MEDEF sur la résilience et l’autonomie numériques des organisations françaises
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Télécharger l’enquêteRemerciement à Hugo Kermabon et Dylan Lamant pour leur contribution à cette enquête.