Radar des startups cybersécurité françaises 2026
Publié le 19 juin 2026
- Cybersécurité
Avec 234 startups et 43 scale-ups, l’écosystème français
connait une effervescence de création remarquable malgré des difficultés de croissance
L’écosystème français d’innovation en cybersécurité continue de s’étendre dans un contexte de densification du marché.
Pour la 8ème année consécutive, Wavestone en partenariat avec Bpifrance a le plaisir de publier son Radar de l’innovation cybersécurité français. Les résultats complets de l’étude ont été dévoilés le 19 juin sur le salon Vivatech. L’étude a été menée sur la période du 1er juin 2025 au 31 mai 2026.
Les grands enseignements du Radar
Un écosystème d’innovation en croissance forte, avec une mise sur le marché accélérée par l’intelligence artificielle.
- 234 startups dont 105 nouvelles dans le radar versus 180 pour 44 nouvelles en 2025
- 43 scale-ups cybersécurité en France, en légère baisse (-3) depuis 2025
304M€ de fonds levés, un montant en proche de 2025 (289M€) mais réparti sur un nombre plus important de structures (36 levées au total contre 19 l’année dernière).
Un mouvement de consolidation qui se concrétise avec 8 nouveaux rachats de startups (vs. 8 en 24/25) effectués par des acteurs français.
La vague de l’intelligence artificielle continue sa progression le marché : 70% des startups l’ont intégré dans leur offre (+17%), en surface ou en profondeur. 22 startups se démarquent proposant des solutions innovantes pour sécuriser les cas d’usage métiers et les modèles d’IA (vs. 15 en 24/25).
Les structures proposant des solutions deeptech se différencient particulièrement sur le marché, propulsant leur croissance.
L’accélération de la mise sur le marché de nouveaux produits densifie un écosystème toujours plus concurrentiel
Profitant de l’essor du vibe coding avec l’IA, en complément de son écosystème d’innovation diversifié habituel (dispositifs de maturation, d’accompagnement), la France génère un nombre record de startups, avec l’addition de 105 nouvelles à notre radar.
Au global, l’écosystème d’innovation se dynamise, avec une légère augmentation du nombre de solutions innovantes : 49% des structures offrent de nouvelles solutions de sécurité ou sécurisent de nouveaux usages (48% en 2025). Chez les nouvelles entrantes, on constate cependant une prise de risque plus importante avec une augmentation de la proportion de solutions innovantes (+4%). Le barycentre de l’innovation cyber reste l’Île-de-France où les nouvelles startups entrantes se situent majoritairement, mais les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Hauts-de-France et Bretagne sont trois pôles très dynamiques et la décentralisation de l’écosystème se poursuit.
Le deuxième levier de croissance, à savoir l’internationalisation, se porte bien : 61% des structures exportent leur solution en dehors de la France (61% également l’an dernier). Ce chiffre atteint les 95% lorsque l’on considère uniquement les scale-ups. L’exportation hors Europe progresse même légèrement : +4% en AMER et +3% en APAC.
La capacité à montrer sa crédibilité et sa robustesse dans un écosystème cyber qui devient de plus en plus exigeant est un troisième pilier à ne pas négliger dans la stratégie de croissance : 67% des scale-ups (+18% en un an) possèdent au moins une certification de cybersécurité (ISO27001, SOC2 type 1 et 2, CPSN, France cybersecurity…), contre 14% des startups. Une stratégie de propriété industrielle est aussi un élément de crédibilisation, 31 start-ups ont déposé au moins un brevet, dont 8 nouvelles entrantes, et 9 scale-ups.
Les startups et les scale-ups représentent toujours près de 6000 emplois : ces dernières portent le marché de l’emploi. Les startups sont quant à elles plus frileuses en termes de recrutement avec un nombre d’emplois similaire à la période 2024/2025. Cette tendance s’accompagne d’un maintien à de faibles effectifs (52% comptent moins de 5 employés contre 32% en 24/25 et seules 3% dépassent la barre des 20 employés contre 7% en 24/25 et 14% en 23/24).
304M€ de fonds levés, un dynamisme maintenu, malgré une période marquée par les incertitudes
Nous observons un maintien du montant global avec 304 millions d’euros levés entre juin 2025 et mai 2026 (+15M€ vs 2024/2025). La dynamique repose sur un nombre de levées importantes similaire à l’année passée, avec un trio de tête particulièrement élevé (50, 49 et 42M€), mais s’accompagne d’une forte multiplication des tickets de plus petite taille (27 cette année vs 9 en 2024/2025).
Le marché reste cependant peu propice à concentrer des financements significatifs sur une seule start-up, aucune entreprise n’ayant levé plus de 100M€ depuis Ledger en 2023.
Certains investisseurs spécialisés s’inscrivent dans la durée avec une réelle stratégie d’investissement dans la cybersécurité. La France renforce sa présence dans les levées de fonds importantes (> 25M€) témoignant de la maturité croissante de l’écosystème. Par ailleurs, quelques financements d’origine européenne ont eu lieu, témoignant des ambitions de souveraineté de l’écosystème à échelle continentale, en plus des ambitions souveraines nationales.
En regard, nous pouvons noter la poursuite d’une dynamique de consolidation qui favorise les rachats plutôt que les investissements directs : nous dénombrons 9 rachats, dont une scale-up, cette année (contre 8 en 2024/2025), dont 8 réalisés par des groupes français.
La sécurisation de l’IA en plein essor, avec son intégration dans toujours plus de produits de sécurité
Après un virage réussi sur l’adoption de l’IA, les startups et scale-ups françaises continuent leur progression avec une accélération :
- Sur la sécurisation de l’IA, 22% structures se démarquent (contre 15 en 2025 et 11 en 2024) avec une attention renforcée sur des thématiques émergentes. Parmi celles-ci, la sécurité des agents IA vise à encadrer leurs comportements, leurs accès, limiter les dérives autonomes et sécuriser leurs interactions avec les systèmes. En parallèle, le contrôle du Shadow AI s’impose comme un enjeu pour détecter et maîtriser les usages non gouvernés d’outils IA au sein des organisations. Ces acteurs couvrent également des expertises clés telles que la sécurisation des modèles et de leur entraînement, la protection des environnements et des données (anonymisation, chiffrement) ainsi que la détection des usages malveillants (deepfakes, etc.). Bien que non présente dans le Radar, l’entreprise Mistral, avec son outil Devstral2, se démarque également dans cet écosystème cyber sur la sécurité du code source.
- 70% des structures (contre 53% en 2025) intègrent désormais de l’IA dans leurs offres comme levier de création de valeur, afin d’automatiser, accélérer et enrichir les cas d’usages cyber (détection et analyse des menaces, classification automatique de données, anti-fraude…). Parallèlement, cette intégration répond aussi à une attente du marché, les briques d’IA étant devenues indispensables dans les feuilles de route produit pour rester visible et crédible. À noter : l’IA agentique gagne du terrain avec une trentaine de structures précisant utiliser des agents IA dans leurs produits.
Cependant, tous les acteurs s’interrogent sur les risques ou les opportunités que représentent l’IA. Au terme des échanges auprès de nombreuses structures, utilisant ou non de l’IA, sécurisant ou non son usage, il apparaît que l’IA se distingue avant tout comme un accélérateur majeur. D’un côté, elle permet des attaques rapides et plus sophistiquées. De l’autre, elle améliore la productivité et la détection, augmentant les capacités défensives. Pour le moment, la course à l’armement que l’IA génère reste perçue comme plus favorable aux attaquants.
L’IA permet déjà de réinventer en profondeur l’ensemble de la chaîne de valeur de la cybersécurité, en accélérant les capacités de détection, de réponse et de remédiation. En amont, de nombreuses structures proposent dorénavant des tests d’intrusion ou une gestion des tiers accélérés à l’IA. Pendant une attaque, l’IA est également implémentée par certaines entreprises afin de démultiplier les capacités des SOCs. En aval, elle permet enfin une plus grande résilience aidant les organisations à renforcer durablement leur posture de sécurité.
Les solutions deeptech couvrent aujourd’hui plusieurs domaines clés qui renforcent en profondeur la protection des systèmes d’information. On observe notamment quatre axes majeurs :
- Le chiffrement des données continue de structurer un écosystème dynamique, ouvrant la voie à de nouveaux usages sécurisés du cloud et à des capacités de détection de fraude, dans un contexte où la transition vers le chiffrement post-quantique devient un enjeu stratégique majeur
- La sécurité des développements se renforce avec l’intégration de mécanismes de protection directement dans le code et au cœur des chaînes DevSecOps
- La virtualisation sécurisée s’appuie notamment sur des hyperviseurs conçus pour isoler strictement les environnements critiques, limitant les risques de compromission et de propagation des attaques
- Les solutions IAM évoluent vers des contrôles d’accès toujours plus granulaires, intégrant désormais la gestion des agents IA afin de mieux sécuriser les identités et les usages dans des environnements de plus en plus complexes et diversifiés
Cette 8ème édition du radar startups cyber révèle une accélération spectaculaire de notre écosystème sur une large partie du territoire, avec plus du double de créations de startups en un an. Cette dynamique est fortement portée par l’essor de l’intelligence artificielle, tant dans les usages que dans la sécurisation de son cycle de vie. Il est essentiel de poursuivre nos efforts collectifs pour soutenir cet écosystème stratégique. L’essor de technologies deeptech, la présence d’investisseurs spécialisés viennent renforcer cette dynamique et ouvrent la voie à l’émergence de futurs leaders européens.
L’intelligence artificielle agit aujourd’hui comme un formidable accélérateur pour l’écosystème cyber français. Cette dynamique favorise l’émergence de nombreux nouveaux acteurs. Mais dans un marché de plus en plus concurrentiel, les futurs leaders seront ceux qui sauront combiner vitesse d’exécution, équipe à la pointe et différenciation technologique profonde.
Une adaptation requise pour s’assurer de croître
L’écosystème cyber continue de croître mais doit adapter sa dynamique aux nouveaux enjeux du marché. Les clés pour accélérer la croissance sont à plusieurs niveaux auprès de différents acteurs :
Emparez-vous des capacités de l’IA sans renier l’innovation deeptech et la recherche de valeur ajoutée unique pour vous différencier.
Orientez vos investissements vers les produits uniques à forte innovation technologique, pour éviter le risque de phagocytation par les nouveaux modèles d’intelligence artificielle.
Combinez vos efforts de plateformisation avec les bonnes innovations pour conserver une certaine indépendance numérique.
Radar des startups cybersécurité françaises 2026 (FR)
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Télécharger le RadarDémarche et critères de sélection des startups et des scale-ups
Les startups et les scale-ups doivent disposer d’un siège social en France et la vente de produit de sécurité doit représenter au minimum 50% de leur chiffre d’affaires.
Les startups doivent avoir moins de 7 ans d’existence et un nombre d’employés inférieur à 35.
Les scale-ups, quant à elles, doivent premièrement répondre à une des deux conditions financières suivantes :
- Soit avoir perçu un financement sur 3 ans par levées de fonds d’au moins 10M€ en une fois
- Soit disposer d’un CA d’au moins 2.5M€ et une croissance annuelle moyenne supérieure à 25% durant les 3 derniers exercices fiscaux, sur chaque exercice.
Cette condition financière doit être couplée à une taille d’effectif consolidé de moins de 250 employés. Si l’entreprise est liée à une autre (détention à plus de 25%) cette consolidation est la combinaison de son effectif propre et :
- Si détention entre 25% et 50%, ajout de l’effectif de la société détentrice calculé au prorata de la détention.
- Si détention au-delà de 50%, ajout de l’effectif complet de la société détentrice.
Nos chiffres sont arrêtés au 28/05/2026.
Cette étude est basée également sur des entretiens qualitatifs avec la grande majorité (60%) des structures présentes dans ce radar et des acteurs du secteur de l’innovation.